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crise post électorale

Violences politiques . Quand le pouvoir et l’opposition s’en accusent…

Soumis par fouodjivincent le lun, 11/09/2017 - 13:11

Agression et humiliation des autorités gabonaises par des opposants de la diaspora aux Etats-Unis et en France ; attaque contre des membres de l’opposition à Libreville : la violence politique née de la dernière élection présidentielle semble désormais atteindre des proportions inquiétantes qui menacent le vivre ensemble des Gabonais. Et dans la foulée, pouvoir et opposition se rejettent la responsabilité d’une situation qui risque de virer à un affrontement corps à corps entre partisans des deux camps opposés. Si la crise post-présidentielle était jusque-là circonscrite aux seules déclarations des chapelles politiques, les agressions et autres actes de violence auxquels on assiste depuis juin dernier, rendent encore plus complexe l’issue d’une situation qui s’enlise. La délégation gabonaise conduite par Ali Bongo à New-York pour la conférence mondiale sur les océans, n’oubliera certainement pas ce séjour désagréable aux Etats-Unis où les images circulant sur les réseaux sociaux montrent le directeur de cabinet du président de la République, bizuté par un groupe d’opposants gabonais établi dans la ville. En effet, le 4 juin dernier, un groupe des membres du conseil gabonais de la résistance New-York (pro Ping), qui manifestait devant l’hôtel Peninsula où logeait la délégation présidentielle, s’en est pris violemment au directeur de cabinet d’Ali Bongo, Martin Bogui Kouma. Ce dernier, selon le récit officiel, excédé par les huées et les slogans hostiles au régime Bongo devant l’hôtel, était descendu pour tenter de calmer les opposants, qui en guise de réponse l’ont entouré d’insultes et de paroles menaçantes. Le film de l’altercation a très vite été posté sur les réseaux sociaux par les opposants. Quelques jours plus tard, ce sera le tour d’Edouard Valentin, beau-père de d’Ali Bongo, et de Crépin Gwodock, respectivement président du conseil d’administration et administrateur général de la société commerciale gabonaise de réassurance d’être agressés en France par des opposants de la diaspora. Selon un communiqué signé de l’Ambassadeur du Gabon en France, Flavien Enongoue, « le récit des faits transmis par les intéressés, corroboré par une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux par les agresseurs, permet d’établir que les incidents ont eu lieu à la terrasse d’un restaurant parisien, au Boulevard Haussmann ». Le pouvoir : « actes de voyous » En réaction à ce qu’il qualifie « d’actes de voyous », le Parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir « dénonce fermement la récurrence de violences à caractère physique ou verbal sur les personnalités gabonaises à l’étranger ». Pour le Ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, Alain Claude Bilié By Nzé, ces actes de violence politique sont la conséquence directe des discours haineux, professés pendant les meetings par Jean Ping. Occasion pour Billie By-Nze, de mettre en garde les auteurs de ces violences quant aux éventuelles poursuites judiciaires. Même son de cloche pour le président de l’Union du peuple gabonais (UPG opposition), Mathieu Mboumba Nziengui, qui, lui, parle de « comportements blâmables ». L’opposition également victime Si violence politique il y a, elle est loin d’être l’œuvre exclusive d’un seul camp. Puisque la maison de l’ancien ministre, Michel Menga, Secrétaire général du Rassemblement héritage et modernité (RHM opposition pro Ping), a aussi été attaquée aux cocktails Molotov. Même chose pour un autre cadre du parti, Pascal Yougou, qui a vu son véhicule caillassé par des inconnus. Un déferlement de violences qui a amené le président du RHM, Alexandre Barro Chambrier, à dénoncer « avec force ce forfait qui est la traduction du climat de terreur que des milices à la solde du régime veulent faire régner dans le pays ». Non sans ajouter : « nous voulons rappeler à ces nervis voués aux basses besognes que cette option constitue leur ultime manœuvre de désespoir». Ces violences tous azimuts risquent, à terme, de dégénérer en un affrontement physique entre les camps de Jean Ping et de son rival, Ali Bongo Ondimba, si aucun geste d’apaisement n’est fait par les deux protagonistes. EM

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