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Mouvements citoyens en Afrique . A la recherche d’une démocratie véritable

Soumis par fouodjivincent le mar, 20/06/2017 - 13:05

Société civile de plus en plus active, syndicalistes plus incisifs, jeunes activistes vent debout contre les régimes en place... Les mouvements citoyens en Afrique pour la démocratie et l’alternance politique constituent, en ce XXIème siècle, une épine aux pieds de certains pouvoirs en place. Du Sénégal avec «Y-en-a-marre» au Burkina Faso avec le «Ballet citoyen», en passant par la République Démocratique du Congo avec la «Lucha» et «Filimbi», sans oublier le Gabon avec certains activistes politiques, la mobilisation contre certains Chefs d’Etat en poste ne faiblit pas. S’agit-il des signes annonciateurs d’une ère de modernité politique sur le continent ?

« Méga meeting » anti-dialogue de Jean Ping . L’opposant veut récupérer le « palais confisqué »

Soumis par fouodjivincent le mar, 20/06/2017 - 12:41

Le message a été livré le 15 avril dernier, à l’occasion d’une manifestation politique baptisée de « méga meeting », organisée par la Coalition pour la nouvelle république à l’esplanade du collège Ntchorere de Libreville. Comme d’habitude, Jean Ping, ancien candidat d’un regroupement de l’opposition à la dernière élection présidentielle, a enjoint son rival, Ali Bongo Ondimba, de quitter sans délai le « pouvoir avant qu’il ne soit trop tard ». Un ultimatum qui visiblement ne semble pas effrayer le pouvoir, qui y voit une grosse plaisanterie.

Potion magique ou messe sans lendemain?

Soumis par fouodjivincent le lun, 19/06/2017 - 17:51

Alors que le Gabon traverse l’une de ses plus graves crises post-présidentielles depuis le retour du multipartisme en 1990, tous les acteurs politiques, à l’exception du camp de Jean Ping, sont convaincus que seul le dialogue politique initié par Ali Bongo Ondimba reste sans conteste, l’unique voie de sortie de crise. Une euphorie qui, naturellement ne va pas sans susciter quelques doutes, surtout au regard des exemples du passé tels que la conférence nationale de 1990, les Accords de Paris de 1994 et les Accords d’Arambo de 2006. Exemples qui, somme toute, n’ont jusque-là permis aucun lendemain post-présidentielle apaisé dans le pays.

Les Gabonais jaugent « le dialogue national ». Les cœurs balancent entre doutes et espoirs

Soumis par fouodjivincent le lun, 19/06/2017 - 17:40

Alors que se tiennent depuis le 28 mars dernier les assises du dialogue politique convoqué par l’actuel président de la république, Ali Bongo Ondimba, les Gabonais ne cachent plus leurs doutes et espoirs quant aux chances de réussite de cette table ronde. Surtout que Jean Ping, le principal opposant qui concentre près de la moitié du collège électoral n’y participe pas.

En finir avec les crises à répétition. Des réformes électorales qui suscitent l’espoir

Soumis par fouodjivincent le lun, 19/06/2017 - 16:10
Les citoyens veulent en finir avec les crises électorales à répétition

Comme pour tous les autres thèmes inscrits à l’ordre du jour du dialogue politique, les réformes électorales au menu des participants du groupe de travail N° 2 ont suscité un grand intérêt. Et pour cause, les élections, notamment la présidentielle, sont souvent sources de contestations et de violences dans le pays depuis le retour du multipartisme en 1990. D’où la richesse et la diversité des propositions, qui toutes convergent vers une volonté d’en finir, une bonne fois pour toutes, avec les crises postélectorales à répétition.

La feuille de route du dialogue politique. Première démarche d’une démocratie véritable

Soumis par fouodjivincent le lun, 19/06/2017 - 15:57

Présidée par le premier Ministre, Franck Emmanuel Issoze-Ngondet, la commission ad hoc en charge de la préparation du dialogue politique, version Ali Bongo, a rendu ses conclusions le 28 février dernier. Dans le rapport qui a été remis au Président de la République le 02 mars dernier, tous les participants ont privilégié le consensus comme mode d’adoption des résolutions. Ce tour de table a réuni depuis la fin du mois dernier, majorité et opposition, afin, disent-ils, de redessiner les règles d’une nouvelle gouvernance politique du pays.

Appel au dialogue politique national. L’ex-directeur de campagne de Jean Ping dit oui

Soumis par fouodjivincent le mer, 08/02/2017 - 16:30

René Ndemezo’Obiang, président du parti Démocratie Nouvelle, a expliqué, au cours d’une conférence de presse tenue le 25 octobre 2016 à la chambre de Commerce de Libreville, pourquoi il est favorable au dialogue proposé par le président Ali Bongo Ondimba. Une trahison ou une façon d’épargner des vies grâce à ce dialogue ?

L’état de la démocratie en Afrique. Où en est le Gabon ?

Soumis par fouodjivincent le jeu, 26/10/2017 - 12:18

Tout citoyen gabonais, soucieux de l’Etat de droit, peut s’interroger sur la situation démocratique réelle de son pays, et faire la comparaison avec d’autres Etats africains. Surtout après les récents événements qui ont rythmé la vie politique nationale, notamment l’organisation de la présidentielle du 27 août 2016, la gestion du contentieux électoral par les instances habilitées, et les mesures punitives prises par le pouvoir à l’encontre de l’opposition dite radicale.

Quel est l’état démocratique réel du Gabon après 27 ans de multipartisme ? De quelles infrastructures politiques et juridiques dispose le pays pour promouvoir une vie démocratique viable, depuis le retour au multipartisme en 1990 ? Comment ces infrastructures fonctionnent-elles ? A ces questions, les réactions sont partagées. Pour les tenants du pouvoir, 27 ans seulement de démocratie, ce n’est pas encore un âge suffisant pour juger de la maturité de la jeune démocratie née au tournant des années 1990, contrairement aux pays occidentaux, qui eux, ont pris des siècles pour y arriver. L’opposition estime qu’au contraire, plus de deux décennies après l’instauration du multipartisme, le Gabon pourrait déjà être un Etat démocratique forgé. Surtout que d’autres pays en Afrique comme le Bénin qui a connu le multipartisme la même année, est devenu une démocratie, avec des possibilités d’alternances pacifiques intégrées, le dernier exemple étant la passation de charges entre l’ancien président, Thomas Bony Yayi, arrivé en fin de mandat, conformément à la constitution, et son successeur, Patrice Talon, en mars 2016.

L’exemple kenyan
Saisie par le principal opposant, Raila Odinga, qui contestait la réélection de son rival, le président Uhuru Kenyatta, la cour suprême du Kenya a invalidé la présidentielle du 4 août dernier. Elle a dénoncé la «négligence» ou le «refus» de la commission électorale d’organiser des élections conformément à la loi du pays. Pour le journaliste congolais réfugié en France, Jean-Jules Lundu, « cette invalidation est une première », et il y a là « une dynamique qui pousse vers l’éclosion de la démocratie » en Afrique, une Afrique qui murit. Un cas école sur un continent où la plupart des cours suprêmes sont souvent accusées d’être de simples chambres d’enregistrement en faveur des régimes en place. Le lien est vite fait avec le Gabon où la cour constitutionnelle, malgré un faisceau d’irrégularités flagrantes dénoncées aussi bien par l’opposition que par les observateurs internationaux, a refusé d’invalider le scrutin du 27 août 2016, confirmant ainsi la réélection d’Ali Bongo.

Une opposition «séquestrée»
Interdiction de sortir du pays, de s’exprimer sur les médias publics ou encore de manifester. Ce sont des mesures que le gouvernement gabonais a prises contre l’ancien candidat de l’opposition, Jean Ping, et la plupart des leaders de sa coalition qui contestent la légitimité du pouvoir. L’opposition parle « d’une chasse à l’homme » organisée par le pouvoir pour la tenir en bride. Tandis qu’au Burkina Faso et au Sénégal, pour ne citer que ces deux cas, les manifestations de l’opposition sont souvent tolérées pour laisser s’exprimer la liberté d’opinions. Surtout que « La liberté (…) d’opinion, d’expression, (…) sont garanties à tous, sous réserve du respect de l’ordre public ». Tout comme « La liberté d’aller et venir à l’intérieur de la république gabonaise, d’en sortir et d’y revenir, est garantie à tous les citoyens gabonais, sous réserve du respect de l’ordre public », articles 2 et 3 du préambule de la constitution gabonaise, même si celle-ci ne détaille pas l’ordre public en question.

Des médias décriés
L’un des moteurs de la démocratie c’est aussi l’indépendance des médias, (publics surtout). Comme le dit Eddy Pleynel, fondateur de Médiapart, médias et démocratie sont les deux faces d’une même médaille, l’une ne va jamais sans l’autre. Mais les médias ne peuvent servir de hussards à la démocratie que s’ils sont réellement libres comme devraient l’être les télévisions et radios publiques. Or, les médias publics sont de plus en plus décriés pour ne couvrir que les seules activités du gouvernement et de tous ceux qui le côtoient. Qu’il s’agisse des périodes électorales ou de périodes dites normales, les médias publics prêtent rarement attention à l’offre politique de l’opposition que le pouvoir assimile de facto à la violence politique. Et les ordres viennent souvent de la tutelle ministérielle quand ils ne viennent pas directement des responsables desdits médias, qui pratiquent l’autocensure. Selon le classement 2017 de Reporters sans frontières, le Gabon n’occupe que la 108e place sur les 180 pays observés. Soit 8 places de moins par rapport à l’année dernière. Même si le pays reste le premier en Afrique centrale, il est néanmoins largué par d’autres pays africains comme la Namibie (24e), le Ghana (26e), le Cap-vert (32e), pays considérés comme exemplaires sur le continent.

Quid de la corruption ?
L’un des défis qui restent à relever pour permettre l’éclosion d’une véritable culture démocratique est sans doute la lutte contre la corruption. Corruption des esprits en période électorale, notamment avec l’achat des consciences des électeurs qui votent plus pour de l’argent que pour leurs convictions politiques personnelles. L’ampleur du phénomène est souvent observable pendant les élections législatives et présidentielles où des candidats déplacent, à coup de billets de banque, des électeurs à l’intérieur du pays où ils ne figurent parfois pas sur les listes électorales. Des méthodes frauduleuses qui restent sources de violences post-électorales récurrentes dans le pays.
Globalement, l’état de démocratie au Gabon reste mitigé après 27 ans de multipartisme, contrairement aux pays africains déjà cités plus haut.

KOMBA KOMBA

L’état de la démocratie au Gabon. Un « stade embryonnaire », selon Bruno Mve Ebang

Soumis par fouodjivincent le jeu, 26/10/2017 - 11:57

A l’heure des remous politiques en Afrique, avec l’éclosion des mouvements de la société civile et des syndicats, au Gabon, la question se pose sur la place du pays dans le champ de la démocratie africaine. Et cela d’autant plus que le pays vit au rythme d’une crise politique née de la dernière élection présidentielle, entre Jean Ping qui se réclame toujours le président élu, et son rival Ali Bongo au pouvoir. Maître assistant en science politique à l’université Omar Bongo, Bruno Mve Ebang juge que le Gabon est encore en train de « construire sa démocratie ».

MICA : Comment situez-vous le Gabon en matière de démocratie en Afrique, alors que la communauté internationale vient de célébrer, le 15 septembre dernier, la journée internationale de la démocratie ?
Bruno Mve Ebang : « La démocratie est un mode de gouvernement de l’Etat qui repose principalement sur la préservation des libertés individuelles, c’est-à-dire la souveraineté du peuple. De façon globale, au Gabon comme dans beaucoup de pays en Afrique qui ont amorcé un tournant démocratique au début des années 1990 avec la fameuse conférence nationale, les textes garantissent la démocratie. Le Gabon est un pays qui a d’ailleurs le système électoral le plus complexe en Afrique noire francophone. C’est un système démocratique qui garantit la souveraineté nationale. On peut dire en droit que le Gabon est un pays démocratique. Quant à savoir où il se situe en matière de démocratie en Afrique, je dirais qu’il est au stade embryonnaire. Le Gabon est en train de construire sa démocratie au fur et à mesure ».
MICA : En comparaison avec le Benin, qui a connu, lui aussi, la conférence nationale au tournant des années 90, et qui connaît depuis des possibilités d’alternance intégrées, le Gabon est-il vraiment un pays démocratique ?
Bruno Mve Ebang : « Quand on prend le cas du Benin, on voit que depuis sa réforme constitutionnelle de 1970, ce pays a connu plusieurs alternances démocratiques, c’est-à-dire qu’il ya plusieurs partis politiques qui se sont succédés au pouvoir. Nous l’avons vu l’année dernière avec l’élection du Président Patrice Talon qui était un candidat de l’opposition se présentant contre Zinsou, le candidat du parti au pouvoir. Il y a donc eu alternance. Au Gabon, on n’en est pas encore arrivé là .Du coup, on ne peut pas parler d’alternance avec des élections justes et crédibles. C’est là que se pose le problème. Tous les instruments sensés garantir une alternance politique sont verrouillés. Elle est donc quasi impossible et à ce niveau, on ne peut pas mettre sur le même pied d’égalité le Gabon avec un pays comme le Benin et beaucoup d’autres pays d’Afrique de l’ouest qui connaissent une avance dans ce domaine ».
MICA : Pourtant, le pays dispose d’un système politique basé sur le pluralisme des partis politiques et d’institutions juridiques en la matière.
Bruno Mve Ebang : «Le système juridique gabonais, qu’il soit constitutionnel ou simplement législatif, a acquis les principes démocratiques, mais, encore une fois, toutes les institutions sont verrouillées, et donc on aboutit au fait que ce verrouillage n’est pas seulement imputable au pouvoir en place, mais aussi aux hommes qui décident eux- mêmes de s’asservir. La fraude électorale, elle est visible d’abord dans les bureaux de vote avant d’aller à la CENAP. Elle est visible lors de l’enrôlement des électeurs. Cette fraude est visible à tous les niveaux du processus électoral. A partir de ce moment, même si c’est un candidat de l’opposition qui sort vainqueur d’une élection, la victoire est invalidée. La démocratie ne se limite pas au simple multipartisme, elle intègre le respect des libertés fondamentales, les libertés individuelles comme la liberté d’expression et la garantie des élections libres, la justice pour tous. C’est cela la démocratie ».

Propos recueillis par Doriane Moussounda.

Un prêche dans le désert ? Le parlement européen fustige un « pouvoir répressif »

Soumis par fouodjivincent le jeu, 26/10/2017 - 11:51

Suite aux violences post-électorales nées de la présidentielle du 27 août 2016, le parlement européen a adopté, le 14 septembre dernier, une résolution contre le gouvernement gabonais. Intitulé «Gabon, la répression de l’opposition», ce texte constitue une avancée considérable en faveur de Jean Ping. Une provocation pour le pouvoir de Libreville qui veut à tout prix tourner la page sombre de la dernière élection, arguant que le pays doit avancer.

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