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Révision constitutionnelle.«L’alternance n’est pas bloquée», selon Gervais Amogho

Soumis par fouodjivincent le mar, 06/03/2018 - 15:40

Le Vice-président de Démocratie Nouvelle (DN) l’affirme dans un entretien accordé à MICA. Il estime que l’impunité garantie dans la constitution pour le Chef de l’Etat, s’il commet des fautes, facilitera l’alternance. Il dénonce par ailleurs la gestion clanique de son parti dirigé par l’ancien directeur de campagne de l’opposant Jean Ping, René Ndemezo’o Obiang, devenu président du Conseil économique et social à l’issue des accords politiques d’Angondje.

MICA : Vous êtes vice-président de Démocratie Nouvelle. Votre parti est soupçonné d’être un parti régionaliste, car tous les cadres  de DN sont originaires du Nord. Cette accusation est-elle fondée ?

Gervais Amogho : « J’aurais voulu dire que ce sont des allégations gratuites, mais même  ma plus grande  volonté  ne peut pas démontrer le contraire aux yeux du grand public. Car même au sein du parti, il y a des remous par rapport à cette question»

MICA : Et si d’aventure vous n’étiez pas d’accord avec la gestion du parti par le Président, est-ce que vous démissionneriez ?

Gervais Amogho : « Je ne suis pas d’accord du tout avec la façon dont le parti est géré en ce moment. Mais vous savez que mon héritage politique ne me permet pas de démissionner. DN est un enfant que nous avons tous décidé de mettre au monde»

MICA : Votre parti a pris part au dialogue politique. Alors que de nombreux  participants attendaient la limitation des mandats présidentiels, contre toute attente, vos délégués s’y sont opposés. Comment expliquez-vous un tel choix ?

Gervais Amogho : « Je pense que la limitation des mandats ne pose pas  fondamentalement la question de l’alternance ».

MICA : Avec la nouvelle constitution, on passe d’un régime semi présidentiel à un régime présidentiel, qui permet notamment au Chef de l’Etat de ne pas être poursuivi pour des fautes commises par lui dans le cadre de ses fonctions. N’est-ce pas là une institutionnalisation de l’impunité ?  

Gervais Amogho : «  On remarque qu’en Afrique, l’alternance pose un  problème avec le fait qu’un Chef d’Etat va devoir laisser le pouvoir.  Quand on prend le cas de la Gambie avec Yahya Jammeh, on a vu quelqu’un qui était prêt à partir, mais, menacé par ceux qui arrivent au pouvoir, il s’est ravisé. Je pense donc que cette disposition d’impunité pourrait garantir l’alternance. Si un Chef d’Etat sait que des fautes ont été commises au cours de son mandat, il ne pourra laisser le pouvoir que s’il a l’assurance qu’il ne sera pas poursuivi».

MICA. Démocratie nouvelle approuve-t-elle l’augmentation du nombre de sièges à l’Assemblée nationale, qui passe de 120 à 143 ?

Gervais Amogho : « Nous sommes entièrement d’accord avec  le découpage électoral. Car il y avait des villes qui ne comptaient  qu’un seul siège  à l’exemple de Franceville qui avait  près de 128 milles habitants pour un seul député. Le fait que l’on ait divisé ce dernier en quatre arrondissements, avec chacun un député, c’est une bonne chose. En même temps, il y a le principe des droits acquis. On aurait pu regrouper certains départements c’est vrai».  

 Propos recueillis par 

Doriane MOUSSOUNDA.

 

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