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Gratuité de l’accouchement.Les femmes demandent un plus pour les prématurés

Soumis par fouodjivincent le mar, 06/03/2018 - 14:24

Annoncée par Ali Bongo Ondimba le 31 décembre dernier à l’occasion de son message de vœux à la nation, la gratuité des frais d’accouchement, effective depuis le 19 février dernier, a été bien accueillie par les femmes. Cependant, des voix s’élèvent pour que cette mesure, qui ne concerne que l’accouchement, soit élargie au service de néonatologie (pour les bébés nés avant terme) dont les frais montent parfois jusqu’à plus de 500.000 FCFA.

Il a souvent été source de stress pour de nombreuses femmes célibataires et même des couples du fait de sa cherté aussi bien dans les structures sanitaires publiques que privées. Ses dépenses exorbitantes seraient même l’une des causes qui poussent les jeunes filles démunies à avorter. Le règlement des factures liées à l’accouchement à l’hôpital ne devrait être désormais qu’un vieux souvenir puisque depuis le 19 février dernier, les femmes peuvent accoucher gratuitement. Un ouf de soulagement pour de nombreuses familles en cette période de crise économique aigue, surtout pour des ménages qui peinent à joindre les deux bouts.  

La joie de Maka

Maka Carless, gabonaise de 24 ans, vient d’accoucher  au Centre universitaire d’Agondjé. A sa grande surprise le CHU vient de lui annoncer  qu’elle ne paiera pas son accouchement au terme de son séjour.  « Si la mesure concerne toutes les femmes, y compris celles qui ne sont pas immatriculées CNAMGS, c’est vraiment un soulagement. Cette initiative est louable surtout pour nous qui ne travaillons pas. Et j’espère que cette mesure sera pérenne », s’enthousiasme Carless, le visage rayonnant de joie.  La joie, c’est aussi ce qu’on peut lire chez A. Ngadi. Pour la Sage-femme, « la mesure de la gratuité des frais d’accouchement permettra à la nouvelle maman de se libérer du stress des frais qui parfois sont lourds à supporter. Surtout lorsque l’accouchement a des complications telles que la césarienne qui coûtait 50.000 pour les assurées CNAMGS ».  Elle espère néanmoins que la mesure permettra d’améliorer leurs conditions de «  travail au sein des maternités

Les limites de la mesure

Si la mesure  peut soulager de nombreuses familles, elle ne règle pas pour autant tous les problèmes liés à l’accouchement et auxquels sont confrontées les femmes dans les structures publiques. Il s’agit de la prise en charge du service mère-enfant, dans le service de Néonatologie. Un service qui s’occupe des enfants nés avant terme dont la prise en charge coûte excessivement cher.  Bebolou Jessica, Gabonaise de 25 ans a accouché le 19 octobre 2017 au Centre Hospitalier de Libreville. Le bébé est un prématuré et ne pèse que 1.750 kg, avec des difficultés respiratoires. Problème, il n’y a pas de couveuse disponible au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL). Pour la Majore du service Néonatologie, le service n’a à sa disposition que 11 couveuses opérationnelles. Le reste serait en panne.

La jeune fille est obligée de se tourner  vers une clinique de la place. La facture est salée.  « J’ai payé 2.250.000 FCFA à cette clinique afin de sauver mon bébé. », nous confie Jessica. Laquelle lance cet appel : «Aujourd’hui, je demande juste que l’Etat revoit cette gratuité des frais liés à l’accouchement en l’élargissant aussi au service de la Néonatologie ».

Marielle ILAMBOUANDZI

Les conditions

La mesure concerne toutes les femmes de nationalité gabonaise. Elle n’est applicable que dans les hôpitaux publics. Les femmes qui prétendent en bénéficier devront au préalable être immatriculées à la CNAMGS (Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale). Pour celles qui ne le  sont pas encore, un service d’immatriculation (CNAMGS) sera disponible dans toutes les structures publiques. Cela dans le but de leur permettre de le faire sur place, au moment de l’accouchement. Selon la ministre de la Santé, Me Denise Mekam’Ne, la mesure de la gratuité de l’accouchement sera effective dès ce mois de février sur toute l’étendue du territoire national.

 

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