Vous êtes ici

Réhabilitation de la route PK5-PK12 à Libreville. Les travaux de nouveau à l’arrêt

Soumis par fouodjivincent le mar, 06/03/2018 - 14:10
Chantier de réhabilitation de la route  PK5-PK12  abandonné

La réhabilitation et l’élargissement du tronçon PK5-PK12, sur la route nationale reliant Libreville et les autres capitales provinciales du pays, entamés en janvier 2016 par l’entreprise française COLAS, devaient se terminer  fin 2017. Depuis janvier dernier, les travaux  sont à l’arrêt. Les populations riveraines pointent du doigt l’incurie du gouvernement. Celui-ci décline toute responsabilité et évoque le manque d’argent. 

Route barrée par endroits, des blocs de béton et de tas de gravier abandonnés, réduisant ainsi la chaussée, des crevasses partout béantes, inondées par des pluies, des embouteillages monstres, causés essentiellement par des bifurcations et autres coupures chaotiques sur la voie, signe des travaux inachevés, etc. Voilà le spectacle qu’offre la route nationale, notamment entre les kilomètres 5 et 12. Sa réhabilitation avait été pensée par le gouvernement pour pallier le problème d’impressionnants bouchons des véhicules qui rendent difficile le déplacement des populations. C’est pourquoi, les autorités ont voulu l’élargir à quatre voies.  Mais depuis deux ans, les travaux en dents de scie   n’ont jamais connu le bout du tunnel.

Les riverains en colère 

Certains habitants, désabusés par les travaux interminables d’un tronçon qui aurait dû déjà être livré, ne cachent pas leur colère. « Nous voulons que les travaux aillent à leur terme. Cette route nous pénalise énormément. Lorsque quelqu’un tombe malade, pour arriver à l’hôpital c’est vraiment compliqué », déplore Désiré, habitant du quartier PK 8. « Cela montre à quel point ce gouvernement ne peut rien entreprendre de sérieux. Tous ses chantiers ne vont jamais à leur terme. C’est la conséquence d’un pouvoir usurpé, rattrapé par les faits », s’emporte Steve.

«Manque d’argent»

Interrogé par nos confrères de Gabon 1ère, le Ministre des Travaux publics, Jean Pierre Oyiba, affirme que l’arrêt des travaux est le seul fait des insuffisances financières de la Banque de Développement  des Etats de l’Afrique Centrale(BDEAC), bailleur de fonds pour cette route. La BDEAC avait débloqué pour sa réhabilitation, cinq milliards de FCFA, si l’on en croit les explications du membre du gouvernement. Mais cet argent fini, il revient à la BDEAC de mettre encore la main dans ses caisses pour que cette route voie enfin le jour. Ce n’est nullement la responsabilité de l’Etat Gabonais, avance Oyiba. Occasion pour lui de rassurer que les travaux reprendront incessamment dès que la liquidité sera disponible. 

D’autres chantiers à l’arrêt 

Arrivé au pouvoir en 2009, le président Ali Bongo, qui a voulu mettre le Gabon sur les rails de l’émergence dont l’horizon a été fixé à 2025, a lancé de vastes chantiers partout à travers le pays. Certains ont déjà vu le jour tandis que d’autres sont en cours de réalisation ou bloqués. On peut citer, entre autres, la construction d’échangeurs à Libreville, le pont sur la Banio, la route d’Omboué qui devrait connecter Port-Gentil (capitale principale de l’Ogooué maritime, en cours de réalisation) avec le reste du pays, la construction de l’école des mines de Moanda.

Cependant, d’autres travaux annoncés ont laissé place à des éléphants blancs : l’aménagement de la façade maritime à Libreville, la construction de cinq mille logements par an, qui a mis à nu, les limites du foncier dans le pays, la réhabilitation des cités universitaires à l’université Omar Bongo, dont les travaux sont à l’abandon depuis bientôt quatre ans, alors que les étudiants délogés, louent dans des quartiers parfois très éloignés de l’établissement. Les exemples sont légion. Et devant ce spectacle des chantiers à deux vitesses, conjugué avec les effets de la crise économique, l’enthousiasme de l’émergence du pays tant vaticinée, laisse peu à peu place au doute des populations, désabusées par des promesses dont l’aboutissement tarde à venir.

Emmanuela MAKEGHELE

 

Catégorie: