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Grève des agents des Affaires étrangères. Les raisons : « pas de bus, pas de clim, pas de prime… »

Soumis par fouodjivincent le mar, 27/02/2018 - 18:31

Le ministère des Affaires étrangères est entré dans un cycle de grèves qui paralysent son fonctionnement. Du paiement de la prime de servitude au fonctionnement des bus du personnel, en passant par la réparation de la climatisation, autant de problèmes qui irritent les agents dénonçant la mauvaise volonté du gouvernement. Ghislain Boukandji, président du Syndicat des Agents des Affaires Etrangères (SAAE) le dit au micro de MICA. 

MICA : Depuis plusieurs mois, il y a une résurgence de grèves au ministère des Affaires étrangères. Quelles sont les raisons de celle entamée le 08 janvier dernier et qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui ?

Ghislain Boukandji : « Les difficultés sont vraiment énormes,  c’est-à-dire  au niveau de la centrale comme dans nos missions diplomatiques, les conditions de travail comme vous avez pu le constater, sont vraiment difficiles. Il y a pour les agents de la centrale, le problème du paiement de la « prime de certitude diplomatique » qui nous a été coupée depuis 2014. Les bus que vous voyez sont à l’arrêt faute de carburant. Les baies vitrées du bâtiment que vous voyez sont ouvertes parce que depuis plusieurs années il n’y a plus de climatisation, les ascenseurs ne fonctionnent plus. Voilà autant de problèmes qui nous amènent à observer à chaque fois des mouvements de grève, parce que les problèmes n’ont jamais été résolus de façon pérenne. Les agents ont décidé de se mettre de nouveau en grève jusqu’à ce qu’on trouve des solutions durables».

MICA : Le 18 janvier dernier, vous avez été reçus par Pierre Claver Maganga Moussavou, vice-président de la République. Ce dernier vous a suggéré la cotisation de 2000 FCFA par agent pour l’achat de carburant. Quelle est votre réaction?

Ghislain Boukandji : « Nous avons  bel et bien été reçus par le vice-président de la République. On nous  demande, à nous  agents, de trouver encore la somme de deux mille pour mettre le carburant, alors qu’aujourd’hui il y a une ligne budgétaire qui est affectée à ces bus. Il y a quelques mois ces bus roulaient. Pacôme Moubelet, l’ancien ministre  s’était démené pour mettre ces bus en circulation. Depuis plus de 10 ans, nous n’avons plus une simple carte professionnelle. C’est le ministre sortant qui nous a donné, du moins à une partie des agents, les cartes professionnelles ». 

MICA : Et votre ministre de tutelle, que vous dit-il pour que la situation revienne à la normale une bonne fois pour toutes ? 

Ghislain Boukandji : « Nous avons été reçus trois fois : il nous demande d’attendre un peu et que les solutions vont être trouvées. Or, les agents  ne veulent plus attendre, car ce sont des  problèmes  qui datent. L’actuel ministre connaît  véritablement ces problèmes parce qu’il est de la maison. Il a été ministre délégué et aujourd’hui ministre plein. Aujourd’hui les agents disent  trop c’est trop, des solutions doivent être trouvées pour sortir de cette situation ».

MICA : Ne pensez vous pas que l’inaction de votre ministre de tutelle est due à la situation économique que traverse le Gabon ?

Ghislain Boukandji : « Aujourd’hui, le ministère des Affaires étrangères  dispose d’un compte visa et passeport. On ne doit pas nous parler de la situation économique du pays quand on sait qu’aujourd’hui des gens continuent à voyager, donc il y a des visas. A titre indicatif, en 2015, on recevait de la part de nos collègues qui sont à l’étranger (le cas de l’ambassade du Royaume-Uni), 18 millions de FCFA par jour. On ne peut pas nous parler de la situation économique quand on sait que, vérification faite, notre compte est toujours alimenté en recette. Donc ce compte dispose d’assez d’argent pour résoudre les problèmes du ministère des Affaires étrangères ».

Emmanuela MAKEGHELE

 

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