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Droits et devoirs des journalistes. Un Conseil gabonais de la liberté et de la communication

Soumis par fouodjivincent le dim, 14/01/2018 - 22:36
L'universitaire Anaclet Ndong Ngoua travaille pour faire fonctionner un organe d'autorégulation de la presse gabonaise

Le journaliste-enseignant à l’université Omar Bongo, Anaclet Ndong Ngoua, œuvre pour un meilleur professionnalisme et une reconnaissance du métier de journaliste au Gabon. La rédaction de MICA Gabon a tendu son micro au fondateur du Conseil gabonais de la liberté et de la communication (CGLC) pour en savoir un peu plus sur ce nouvel organe d’autorégulation des médias.  

MICA : Qu’est-ce qui vous a poussé à créer cet organe d’autorégulation des medias ?

Ndong Ngoua : « Invité à un séminaire en Tunisie en mai 2015, j’ai été interpellé sur l’absence de bilan d’autorégulation de la presse gabonaise.  Même si  depuis quelque temps je n’exerce  plus le métier de journaliste, on m’a conseillé d’essayer de rassembler les journalistes gabonais.  A mon retour je les ai réunis, je leur ai dit que le Gabon n’a pas de bilan en matière d’autorégulation, que c’est une  honte pour le pays malgré la mise en place d’un Observatoire gabonais des médias. La question était de savoir si  nous devions nous rapprocher de la structure déjà en place ou d’en créer une autre ? La majorité s’est prononcée en faveur de la seconde option. Au Cameroun, en Côte d’Ivoire, dans tous les pays d’Afrique noire  francophone, les instances d’autorégulation ont un bilan, si médiocre soit-il. Face aux pressions sur la presse gabonaise, face à la banalisation de cette presse, face au discrédit dont font l’objet les journalistes, face aux difficultés multiples auxquelles ils sont confrontés, nous nous sommes dit que créer une autre structure, qui n’est pas compatible avec celle qui a été mise en place, était la meilleure chose à faire ».

MICA : Quelles seront les missions du CGLC ?

Ndong Ngoua : « On ne va pas réinventer la roue. Comme cela existe dans d’autres pays d’Afrique francophone, toutes les instances d’autorégulation sont l’affaire de tous les journalistes. Il faut que les journalistes gabonais viennent, ceux des organes de presse privés comme publics. Parce qu’une instance d’autorégulation, c’est un tribunal de pairs. Il faut balayer devant notre porte. Malgré la pauvreté, les pressions administratives, il faut s’armer de professionnalisme. La structure ainsi créée veut aider les journalistes à s’armer de professionnalisme. De nombreux  Gabonais qui travaillent dans des organes de presse privés ne savent pas si les contrats de travail qu’ils ont sont conformes au Code gabonais du travail. Nous voulons  les aider, non seulement à leur faire prendre conscience de leurs devoirs mais aussi à leur permettre d’acquérir leurs droits».

MICA : Pensez-vous que cet organe parviendra à atteindre ses objectifs, quand on sait la difficulté des organes d’autorégulation à exister au Gabon, tels que l’observatoire gabonais des médias (OGAM) ?  

Ndong Ngoua : « J’ai envie de dire oui. Pourquoi les instances d’autorégulation d’autres pays d’Afrique francophone noire ont-elles un bilan ? Pourquoi il n’en serait pas de même pour le Gabon ? La question interpelle tous les journalistes. Je dis encore que l’OGAM peut exister. Mais si les journalistes gabonais veulent relever le défi de la mondialisation, s’ils veulent relever le défi du professionnalisme malgré les difficultés, je crois que le CGLC est une opportunité pour eux. C’est leur structure, c’est leur affaire. Quitte à chacun à payer ses cotisations, à prendre part aux réunions. La balle est dans leur camp. Pourquoi ce qui réussit ailleurs ne peut pas réussir au Gabon ? Pourquoi, ceux des autres pays qui ont eu leur indépendance dans les années 60 au même titre que nous, réussissent ?   Sortons de l’expression ‘’On va encore faire comment ?» ».

EM.

 

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