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Affaibli malgré sa réélection. Ali Bongo reprend la main

Soumis par fouodjivincent le jeu, 21/12/2017 - 10:03
Ali Bongo impose sa marque

Alors que beaucoup le croyaient fini, banni, marginalisé au lendemain du scrutin présidentiel d’août 2016, le président gabonais, Ali Bongo Ondimba reprend peu à peu le contrôle de la situation. Il impose sa marque alors que son rival, Jean Ping, jusque-là bénéficiaire du doute de la communauté internationale sur les résultats de l’élection présidentielle, semble désormais brimé, acculé. Et le gouvernement dispose de tous les moyens pour traquer et réduire à néant une opposition à ses yeux trop violente pour exister.

Situation absolument paradoxale que celle qu’a connue Ali Bongo Ondimba, il y a un peu plus d’un an. Certains diront un retournement de situation entre les deux adversaires politiques actuellement en concurrence sur la scène politique gabonaise, Jean Ping et Ali Bongo. Le rapport des forces sorti des urnes, avec tous les soupçons de fraudes et de nombreuses irrégularités dénoncées par les observateurs de l’Union européenne, laissait apparaître que Jean Ping était certainement le vainqueur du scrutin. Ragaillardi par cette idée, l’opposant numéro 1 a organisé un périple occidental pour contraindre Européens et Américains à chasser son rival  du pouvoir à son profit.   

Eurodéputés et diaspora gabonaise vent-debout

Le parlement européen, favorable à la démarche de Jean Ping, a condamné plusieurs fois le pouvoir de Libreville. Les parlementaires européens, qui préconisent des sanctions ciblées à l’encontre des auteurs de la fraude électorale au Gabon et des actes de violence qui en ont découlés, ont même appelé les Etats membres de l’Union européenne à punir le Gabon. A cet activisme des eurodéputés, il faut ajouter la mobilisation de la diaspora gabonaise pro Ping, établie en France et aux Etats-Unis. Une diaspora toujours déterminée à en découdre, même par l’humiliation, avec les autorités gabonaises, qu’elle considère comme illégitimes pour avoir «volé» l’élection de leur leader, Jean Ping. L’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo, Martin Bogui Kouma a fait les frais de cette humiliation lors d’un séjour de la délégation présidentielle à New-York dernièrement. D’autres cadres proches du président gabonais l’ont subi en France.

De la marginalisation au règne absolu

Il ne serait pas exagéré, en lisant la cartographie politique actuelle du Gabon, de parler d’un renversement de situation en faveur d’Ali Bongo, qui est en train d’user de tous les leviers à sa disposition pour tenir la dragée haute à l’opposition. En effet, qualifiée d’opposition radicale pour sa détermination à ne pas reconnaître Ali Bongo comme le vrai président du Gabon, l’opposition regroupée autour de l’ancien président de la commission de l’Union africaine, semble désormais en mal d’existence. 

Interdiction formelle de s’exprimer sur les médias publics, de voyager, de manifester, etc. : toutes ces mesures prises dernièrement par le gouvernement  démontrent cette volonté de tenir en laisse une opposition considérée comme l’agent responsable de la violence politique au Gabon.

Une opposition en sursis 

Traquée, acculée, confinée et réduite aux simples déclarations de forme, l’opposition proche de Jean Ping est comme coincée dans une impasse, cherchant désespérément une voie de sortie. Cette marginalisation est confortée par le silence d’une communauté internationale visiblement embarrassée par le fait accompli imposé par Bongo. Le président du Gabon multipliant voyages, contacts à l’étranger dans des sommets internationaux et accords bilatéraux comme lors de la 72e assemblée générale des Nations unies en septembre dernier, s’impose à la communauté internationale. Laquelle, faute de réponse claire, n’a d’autre choix que de composer avec lui, quitte à froisser souvent le camp de Jean Ping qui crie à un complot international contre lui. L’ancien vice-président d’Omar Bongo, Didjob Divungi Ddingue, le secrétaire exécutif de l’Union nationale, Paul-Marie Ngondjout, tous des pro Ping, l’ont déjà regretté. Mais que peut une communauté internationale à court de moyens face à un Ali Bongo disposant de toutes les manettes de l’Etat et décidé à tourner la page sombre de la présidentielle ? Apparemment rien. Ali Bongo reste le seul maître du jeu. 

E.M.

 

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