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Démissions autour de Jean Ping . Quel avenir pour la Coalition de l’opposition?

Soumis par fouodjivincent le lun, 11/09/2017 - 12:57

Créée il y a quelques mois pour résister au pouvoir d’Ali Bongo Ondimba, la Coalition de l’opposition pour la nouvelle République montre des signes d’affaiblissement, qui risquent à terme de provoquer son éclatement. Et cela, même si les responsables soutiennent que les démissions et prises de positions individuelles ne menacent en rien l’unité du mouvement. 

Après les démissions de son ancien directeur de campagne, René Ndemezo’Obiang de Démocratie Nouvelle (DN), qui a pris  part au dialogue politique d’Ali Bongo, de David Mbadinga de l’Union du peuple gabonais loyaliste (UPGL opposition pro Ping), du leader des jeunes pro Ping, Pacceli Bikoro, il y a lieu de s’interroger sur l’avenir de la Coalition de l’opposition pour la nouvelle République, qui soutient l’ancien candidat à la dernière présidentielle. La situation est d’autant plus inquiétante  que même parmi ceux qui font mine de rester, les prises de positions individuelles contraires parfois à l’esprit du groupe, achèvent désormais de convaincre de l’effritement, de plus en plus perceptible  au sein du bloc soutenant Jean Ping. 

Et la dernière sortie de Paul-Marie Ngondjout, Secrétaire exécutif adjoint de l’Union nationale (pro Ping), appelant à disqualifier Jean Ping et son rival, Ali Bongo, à travers l’organisation d’une nouvelle élection à laquelle ni l’un ni l’autre  protagoniste ne prendra part, n’est pas pour arranger les choses. Surtout quand on sait qu’il s’agit là d’une position qui va à l’encontre même de la détermination de l’ancien fonctionnaire de l’Union africaine qui, lui, continue de s’affirmer comme le président élu du Gabon . A côté de Ngondjout, il faut ajouter les appels à un dialogue de synthèse avec Ali Bongo, formulés en juin dernier par Casimir Oye Mba et Guy Nzouba Ndama, les alliés de Ping à la dernière présidentielle.      

Jean Ping : ils «voulaient des postes» 

« Nous savons dorénavant qui sont véritablement les nôtres. Ce qu’ils voulaient n’étaient juste que des postes de responsabilités». Cette réponse lâchée par un Jean Ping désabusé sur le plateau de TV5 Monde en juillet dernier au sujet des démissions qui secouent son bord, alors que lui continue d’appeler les siens à la résistance contre la tentation trop grande d’être débauché par le pouvoir, en dit long  sur la crise qui affecte son camp. On comprend ainsi que même si la base populaire reste mobilisée autour de celui qu’elle considère comme son «vrai président élu», le leader de l’opposition gabonaise est confronté malgré tout à la bouderie intestine, et même parfois ouverte des personnalités et partis politiques constitutifs de la coalition qui le soutient. Et cette bouderie en sourdine est telle que certains hiérarques qui affichaient ostentatoirement  leur présence, lors des meetings autour de l’opposant, deviennent de plus en plus rares à ses côtés aujourd’hui, préférant ainsi une éclipse silencieuse de peur d’être soupçonnés de connivence avec le pouvoir.

 Même si dans le cas de Jean Ping, on minimise cet effritement continu de l’opposition, il y a que tout cela menace petit à petit, mais sûrement peut-être, l’avenir du combat mené par l’opposant, à mesure que le temps passe, alors que son avènement au pouvoir se fait de plus en plus attendre. Et c’est peut-être cette si longue attente qui est le fond même du problème. 

Raïssa MOUBECKA  

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