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La vie parlementaire continue . La loi de finances 2017 « irréalisable » selon les pro-Ping

Soumis par fouodjivincent le lun, 11/09/2017 - 12:27
Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de Jean Ping, juge la loi de finances rectificative peu crédible.

Le commissaire national en charge du budget à l’UN (Union nationale), Jean Gaspard Ntoutoume  Ayi, par ailleurs Porte-parole de l’opposant Jean Ping, a tenu une conférence de presse fin mai dernier au siège du parti à Libreville. Dans sa déclaration axée sur le projet de loi de finances 2017, Ntoutoume Ayi critique vertement une politique budgétaire irréaliste, avec, à terme, une cessation du paiement des salaires par l’Etat. 

C’est une véritable charge que Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, cadre de l’Union Nationale (opposition) a assené contre le gouvernement pour son incompétence, notamment dans la gestion des fonds publics depuis l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo. En cause, le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice budgétaire  2017, adopté le 19 mai dernier en conseil des ministres, et  qui serait, selon l’opposant, dangereux pour le pays.

«A l’amateurisme qui caractérise la gestion budgétaire du Gabon depuis 2009, à la catastrophe que représente la gestion des ressources publiques depuis 7ans, même le FMI et la Banque mondiale, dont nul n’ignore la modération du langage et la tempérance dans les jugements, ont dû sortir de leur réserve à partir de l’année 2013. L’évaluation  PEFA, qui apprécie la qualité de la gestion des finances publiques, a été réalisée au Gabon en 2016 par une équipe du FMI. Le rapport qui en a résulté laisse sans voix, tant il confirme tous les maux qui minent la gestion de nos finances publiques et que l’Union Nationale a toujours dénoncé », a déploré Ntoutoume Ayi.

Un budget douloureux pour les Gabonais

Si le budget adopté en mai dernier est de deux mille huit cents soixante milliards (2.860), pour Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, l’Etat ne dispose que d’un peu plus de mille sept cents milliards seulement pour financer cette charge budgétaire. En d’autres termes, explique-t-il,  les ressources propres de l’Etat ne permettent que de financer 60% seulement de ses charges. Conséquence, l’Etat devra encore trouver plus d’argent, soit 1.145 milliards pour compenser ce manque. Ce qui l’obligerait à endetter encore plus les Gabonais, déclare le Porte-parole de Jean Ping.  Surtout que les recettes pétrolières, principale source des devises du pays avec plus de 60% de la part du budget de l’Etat, ont considérablement diminué, puisqu’elles ont été divisées par 6. « Chose curieuse, pendant que les recettes fiscales liées au secteur pétrolier sont divisées par 6 pour passer de 41 milliards dans le budget initial à 6, 9 milliards dans le projet révisé, l’on nous annonce que les autres recettes de ce même secteur progressent de 17% pour passer de 437,6 milliards dans le budget initial à 513,2 milliards dans le budget révisé ». Mais pour le cadre de l’UN, le secteur pétrolier n’est pas le seul à connaître ce déficit dans la part du budget du pays. Puisque les recettes hors pétrole enregistrent, elles aussi, une baisse considérable de plus de 185 milliards, passant ainsi de 1.379 milliards dans le projet initial à un peu plus de 1.194 milliards dans le projet révisé. 

Un projet flou et irresponsable 

Pour Ntoutoume Ayi, ce projet de loi de finances rectificative n’est que le volet budgétaire d’ajustement structurel que le gouvernement gabonais souhaite présenter au Fond Monétaire International (FMI). Car, dit-il, le 23 décembre 2016, la Directrice générale du FMI, et le ministre français des Finances, ont réuni à Yaoundé au Cameroun, les Chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). La rencontre portait sur la situation économique et financière, extrêmement préoccupante dans les pays de la zone. Pour éviter une dévaluation de la monnaie (FCFA), les Chefs d’Etat ont accepté de procéder à des ajustements budgétaires ainsi qu’à des réformes institutionnelles dans leurs pays respectifs. Mais pour Jean Gaspard, c’est un projet flou et irresponsable d’un gouvernement en manque de compétence, puisqu’il ne parvient pas à préciser le lien entre la nécessité de rectifier la loi de finances initiale et la négociation d’un programme d’ajustement avec le Fond monétaire international. 

L’opposant a appelé les députés à ne pas voter ce projet de loi mortifère pour le pays.  Appel non entendu puisqu’en juin dernier, le texte est passé comme une lettre à la poste devant les parlementaires,  majoritairement acquis au Parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir. 

Emmanuela MAKEGHELE

 

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