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Le sous-préfet d’Ambam poursuivi pour tentative de corruption

Soumis par jadecameroun le dim, 12/10/2014 - 00:00

Un acheteur de cacao accuse le fonctionnaire de détournement de sa cargaison de cacao faute de lui avoir versé 500 000 F cfa de bakchich. Une plainte a été déposée contre le sous-préfet.

 

La colère de Timothée Bisso Eto’o est retombée. Le 16 octobre dernier, il a introduit à la division régionale de la police judiciaire du Sud à Ebolowa une plainte contre Wangui Nyassiri, le sous-préfet d’Ambam. Cet acheteur de cacao bien connu dans la région accuse l’autorité administrative de « menaces simples, rétention sans droit et détournement de la chose d’autrui (cacao, pièces officielles et dossiers de voiture) ».  

Le 11 octobre dernier à 23 heures, alors qu’il revient de Ma’an à bord d’une voiture pick-up transportant 21 sacs de cacao, Timothée Bisso Eto’o est interpellé  à la sortie de l’arrondissement de Ma’an, sous la pluie, par le sous-préfet d’Ambam. L’acheteur de cacao se souvient que « le sous-préfet a menacé de saisir le cacao pour le revendre aux enchères ». Il poursuit : « nous avons commencé à supplier l’autorité administrative, en lui proposant une somme de 100.000 F cfa dans un premier temps. Il a refusé et exigeait 500.000 F cfa ».  Faute d’accord, le véhicule et ses occupants sont conduits à la brigade de gendarmerie de Meyo-Centre, territorialement compétente.

 

Négociation du montant du bakchich  

Timothée Bisso Eto’o va alors augmenter l’offre à 200 000 F cfa sans pour autant faire fléchir le chef de terre, qui continue à s’accrocher à son demi-million. Non satisfait, le fonctionnaire retient les pièces du véhicule et de ses occupants et demande que ceux-ci soient jetés en cellule. Le véhicule et sa cargaison sont retenus à la brigade de gendarmerie de Meyo-Centre.

 Mais les occupants du véhicule réussissent à s’échapper. Lorsqu’ils reviennent le lendemain, ils  constatent que les 21 sacs de cacao qui se trouvaient dans  la voiture pick-up ont disparu. Timothée Bisso Eto’o dépose alors une plainte contre le sous-préfet.  

Face au journaliste qui, rendu à ses bureaux, cherche à comprendre ce qui s’est passé, le sous-préfet s’étonne de ce qu’après seulement quelques heures, l’affaire se retrouve dans la presse. «Je n’ai aucun commentaire à faire. La procédure judiciaire suit son cours. S’ils estiment que j’ai demandé 500.000 F cfa, on attend les preuves. Moi j’ai seulement saisi le cacao », soutient le sous-préfet qui fait savoir que les plaignants sont toujours attendus à la brigade de gendarmerie de Meyo-centre.   

 

Abus de pouvoir et corruption

Les transactions relatives au commerce du cacao sont pourtant régies par  un arrêté du Ministère du commerce du 02 septembre 2014. Celui-ci précise que, « la constatation des infractions est effectuée par les personnels assermentés du ministère en charge de la commercialisation du cacao, en liaison avec l’office national du cacao et café (Oncc) ».

Dans le cas querellé, l’autorité administrative a mené les opérations. Ce qui fait dire au juriste Charles Mbita que « Si dans le texte défini par le ministre du commerce relatif à la procédure de commercialisation du cacao, il n’est nullement fait cas de ce que l’autorité administrative devra intervenir dans la procédure de la saisie de cacao, alors, nous parlerons volontiers, conformément à un arrêt du 17 octobre 1968, d’une voie de fait administrative ».

Le code pénal punit d’un  emprisonnement de deux à dix ans et d’une amende de un million de F cfa, le fonctionnaire qui reçoit des dons ou agrée des promesses pour faire ou ne pas faire un acte de sa fonction. La procédure judicaire déjà mise en branle permettra d’y voir plus clair.

Jérôme Essian (JADE)

 

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